Projets Phares

Projet pilote « Biobanque en cancérologie » 2019 -2021

La recherche biomédicale déploie de nouvelles technologies fondées sur l’analyse des microorganismes ou des éléments du corps humain tels que l’ADN, l’ARN, les tumeurs ou encore le plasma. En utilisant ces ressources biologiques, la génomique, la protéomique, associées aux techniques de l’imagerie, ont abouti à des progrès remarquables au cours des dernières décennies. Ainsi, une meilleure compréhension de la pathogénie et de l’épidémiologie d’agents microbiens a été possible pour de nombreuses maladies permettant de préciser la variation génétique des agents pathogènes et de révolutionner ainsi le développement de vaccins. En outre, ces nouvelles techniques associées à la bio-informatique ont permis un développement notable de biomarqueurs génétiques de maladies chroniques, telles que le cancer, les maladies neurodégénératives… La réalisation de ces études a nécessité le recrutement d’un grand nombre de patients et la collecte d’échantillons biologiques (sang, tumeurs…), l’extraction des acides nucleiques et leur conservation dans des conditions contrôlées. Pour ce faire, ces études se sont appuyées sur des centres de ressources biologiques ou des biobanques, unités fonctionnelles disséminées dans les hôpitaux et les instituts de recherche médicale, ayant la mission de collecter, transformer, analyser, stocker et distribuer lesdites ressources. Ces différentes opérations sont réalisées dans le respect des droits fondamentaux des personnes sources. Les biobanques, outils de la recherche biomédicale contemporaine, ouvrent la voie à ce que serait la médecine de précision adossée à des thérapies ciblées.

Malgré ces avancées majeures dans la compréhension des pathologies, plusieurs facteurs ont limité le transfert de la recherche fondamentale vers des applications cliniques au bénéfice du patient. Parmi ceux ci, la nécessité de garantir la qualité des échantillons, d’harmoniser les procédures de collecte et de conservation; d’augmenter les capacités à recruter des patients; de mettre en œuvre l’interopérabilité des bases de données cliniques et analytiques permettant la constitution d’entrepôts de données et, surtout, de maintenir la confiance du public dans ces activités.

Plusieurs pays de l’Union européenne financent le développement d’infrastructures nationales pour les biobanques. Ces infrastructures reflètent et accompagnent un changement d’échelle de la recherche biomédicale du XXI siècle, qui passe d’un niveau local à une dimension globale avec la constitution de consortia de recherche internationaux nécessaire pour démêler la complexité des maladies chroniques et pour détecter les variants génétiques d’effet modeste. Cela implique des échanges internationaux, dans un cadre bien défini, d’échantillons biologiques et de données anonymisées, produites par un réseau dynamique d’équipes multidisciplinaires de différents pays. Le rôle des infrastructures dans ces réseaux est de mutualiser les moyens et expertises afin de répondre aux attentes des acteurs de la recherche en facilitant le flux d’informations entre les chercheurs et les institutions et en favorisant l’organisation et le développement de bases ou d’entrepôts agrégeant un grand volume de données (big data).

Le projet biobanques pose une question d’importance majeure : comment réussir à faire évoluer les pratiques des professionnels de la santé pour les amener à assurer une qualité optimale des échantillons biologiques (et leurs données associées) utiles à la qualité des soins et la prise en charge des patients ?

Cette question comporte principalement un versant évidemment scientifique et technique, mais pas uniquement. Son autre versant est managérial. Il s’agit d’amener les professionnels à faire évoluer leurs pratiques, donc leurs comportements, ce qui correspond au final à faire évoluer leur culture scientifique et technique sur la question de la qualité de l’échantillon biologique et les données associées. L’originalité de la démarche de ce projet réside dans le fait qu’elle propose, dans une logique collaborative, un accompagnement pluridisciplinaire du changement scientifique et technique au bénéfice de la santé des patients.

Les Enjeux stratégiques :
  • Etude des Populations
  • Recherche translationnelle
  • Valorisation des échantillons (intégration de réseaux d’excellence, développement de projets de recherche) : financement de la recherche médicale au Maroc
  • Valorisation du patrimoine biologique et de l’expertise scientifique du Maroc
  • Etude des profils (biologique/génétique) du cancer au Maroc
Impact sur la valorisation :
  • Développer des projets innovants,
  • Développer des partenariats public-privé,
  • Valoriser les collections biologiques,
  • Mutualiser les ressources biologiques,
  • Porter la recherche Marocaine au plus haut niveau d’excellence et d’expertise dans la région MEA
  • Etablir des liens de collaboration avec les industriels,
  • Structurer le réseau des centres de ressources biologiques,
  • Améliorer la qualité des processus et prestations engagés autour des collections d’échantillons biologiques,
Impact sur la prise en charge des patients marocains :
  • Développer une médecine personnalisée,
  • Développer de nouvelles stratégies thérapeutiques,
  • Identifier de nouveaux sites thérapeutiques,
  • Améliorer la qualité de la prise en charge des patients
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